samedi 12 septembre 2020

La nuit à pleurer


Encore une nuit à pleurer
Quand il me dit qu'il est fatigué
Mais qu'il passe la nuit à jouer (ou devant la télé)
Comment ne pas me sentir abandonnée
Alors que je voulais juste passer
Une nuit dans ses bras, à s'aimer

jeudi 20 août 2020

Oubliée

Les heures qui passent
Vident mon coeur comme un sablier
S'il m'aimait, il m'appellerait
Pour me prévenir et m'expliquer
Pourquoi ce soir, il n'est pas rentré

dimanche 27 mai 2018

Couturière

Cet après-midi, mon voisin est venu sonner chez moi pour me demander si je n'avais pas quelque chose pour réparer l'attache de sa petite sacoche, que j'avais déjà consolidée l'année dernière. La seule solution était de découdre cette attache cassée pour recoudre à la place l'anneau qui s'insérait dedans.
Il tenta de tirer dessus pour craquer les fils en me faisant remarquer que je l'avais bien recousu. Quand je fais quelque chose, ce n'est pas dans mes habitudes de mal le faire. Je lui proposais donc à nouveau de lui arranger cela. Je sais qu'il adore cette sacoche de contrefaçon et cela me rappelle qu'il y a 10 ans, j'étais fière de m'afficher avec mes faux sacs Dior dégotés sur eBay. Aujourd'hui, je trouve plus valorisant que quelqu'un vienne auprès de moi pour réparer un objet auquel il tient. J'aime être cette personne sur qui il peut compter quand "il est en galère" comme il dit.

Je me suis installée sur la terrasse avec un thé et la trousse de couture de ma mère. Avant cela, j'ai péniblement libéré l'attache en coupant les fils au découd-vite. Et j'entrepris de recoudre l'anneau directement à l'emplacement déjà malmené par les trous d'aiguille. Ce n'était pas aisé du tout de piquer dans le cuir, fut-il une simple imitation, et qui plus est, à l'emplacement d'une couture. J'avais besoin de pousser délicatement et pourtant très fort sur le dés à coudre.

En effectuant minutieusement cette tâche, je réalisais soudain qu'en ce jour de la Fête des Mères, le voisin m'offrait l'opportunité d'exercer le même métier qu'elle, avec son propre necessaire de couture. Je me retrouvai à refaire ces gestes qu'elle avait si souvent pratiqué pour moi, pour elle ou la famille. Son aiguille, son fil, ses ciseaux, son dés, son découd-vite. Et surtout son sang qui coulait dans mes veines, sa dexterité, ses idées, sa persévérence. Et sa volonté d'aider les gens et de les rendre heureux.

Il n'y aurait pas eu de meilleure façon de lui rendre hommage et de me sentir en connexion avec elle. Ce voisin, dont je me sens proche "astralement" et qui porte le nom d'une divinité du Soleil, semble toujours intervenir dans ma vie pour m'apporter quelque chose. Il aurait pu venir hier ou demain et cela n'aurait eu aucune signification particulière. Secrètement je l'en remercie car peut-être que j'aurai passé l'après-midi à pleurer l'absence de ma mère. Quand il est venu chercher sa sacoche, je l'ai laissé me remercier sans évoquer ce moment spécial qu'il m'avait permis de vivre.

lundi 14 mai 2018

Nouveau Printemps

Comme les arbres en automne, j'ai perdu un à un mes amis, mes voisins, ma famille, mes repères. Éparpillés au vent comme les feuilles. Des relations qui se sont détachées, pour faner, se salir puis disparaître.
L'hiver m'a gelée et isolée. Déprimée. Semblable à un animal qui iberne seul au fond de son terrier. Livré à lui même.

Puis revint le printemps. La puissance de la nature qui réveille tout ce qui était endormi pour lui insuffler à nouveau la vie. Et m'insuffler une nouvelle vie. En imitant les pousses du jardin, mon esprit fait éclore de nouveaux projets. Libérée des mauvaises herbes, je peux m'épanouir à ma guise !

Les fleurs ne "refleurissent" pas. Elles meurent et une nouvelle identique à la première pousse à la place. Je me sens comme elles, laissant faner mon ancien moi pour renaître. Physiquement identique mais intérieurement, une nouvelle personne.



lundi 16 avril 2018

Magazine et Réalité

Ce matin est la preuve que le "Lundi au Soleil" existe. Le Figaro Magazine me transporte dans les oeuvres colorées et coléreuses de Delacroix, et me fait découvrir L'Île Maurice, ce paradis de l'Océan Indien qui obtenait son indépendance en Mars 1968. Les vieilles demeures de pierre sont magnifiques avec leur verrières...
Dans le jardin d'à côté les oies pipelettes n'ont que faire de mon divertissement sur papier glacé. Les poules s'en mêlent et les coqs exclament leur cocorico à un rythme presque régulier, plus fort que l'outil que leur maître fait gronder. Mes chats se poursuivent à vive allure, s'engouffrent dans la cuisine, bousculent les choses dans la maison, grimpent en haut des meubles, se réfugient sous le lit, s'échappent par la fenêtre de la chambre, saute sur la table où je lis et poursuivent leur course folle en escaladant le composteur pour disparaître dans les arbres du voisin. Et de l'appartement du premier, quand ce vacarme se calme, me parvient l'accordéon d'André Trichot et les voix familières de Radio Triage.

La réalité s'impose, plus bruyante et plus vivante, pour me garder à Migennes, dans mon jardin, mon petit coin de Paradis.

vendredi 27 mai 2016

Infantia

Nous avons été voir ce spectacle original et très beau avec les enfants de mon école.



Ce matin, par la magie du spectacle, j'étais dans le ventre de ma mère. Dans un cocoon douillet, entourée de douceur et du charmant sourire de la danseuse.

J'y suis testée plus de trente ans dans ce cocoon. Dans ma petite chambre en haut d'une tour, dans les bois. Isolée et protégée du monde.
Et maintenant que je dois y vivre seule, il me semble bien hostile. Chaque sourire qui ne m'est pas rendu fait un peu disparaître le mien. Chaque méchanceté grignote un bout de ma gentillesse. Chaque reproche injustifié créé une petite boule de mal-être, qui s'aglutine aux autres, jusqu'à former une boule si grosse qu'elle alourdit mon moral.
Quand en plus ma santé fragile se mêle à tout cela, chaque jour peut être pénible à vivre.

Le plus dur quand on n'a plus de maman, c'est de ne plus avoir son regard, ni son rire, ni sa bienveillance.
Ni de cadeau à offrir pour la fête des mères.
Quand j'ai mentionné le pot de fleurs que je voulais lui déposer, on m'a rappelé que ma mère était décédée et que sa fête était la Toussaint.

Alors comment vivre dans ce monde rempli de fêtes quand je ne peux plus les célébrer ? Comment supporter la joie des autres et leur plaisir de se réunir quand pour moi, se ne sera que tristesse et solitude ?



samedi 31 octobre 2015

"MAGICIENNES" a 15 ans !


                                                                 Jenny from Scandinavia 


Magiciennes… 
Vous étiez les gardiennes
D’un royaume secret
Qui nous faisait rêver

Vous aviez, comme les Fées
De longs cheveux bouclés
De grands yeux verts
Et une longue cape pour vous protéger de l’hiver

Dès votre enfance, au son de la harpe
On vous enseignait les légendes ancestrales
Et en tricotant des écharpes
Vous appreniez un thème astral
Les plantes et les senteurs
Pour savoir tout cela par coeur

Un peu plus grandes
Vous participiez aux assemblées dans la lande
Ces réunions au clair de lune
Vous n’en auriez manqué aucune

Combien de nuit avez-vous passé à broder
Sur du tissus des symboles sacrés
En récitant des litanies
Des mélodies jusqu’à l’oubli

Avant que le monde ne se fasse trop dur
On vous berçait avec les légendes d’Arthur
Et tout semblait plus beau
En compagnie de Merlin et Lancelot
Et vous rêviez d’égaler
Cette chère Morgane, la Fée

Magiciennes…
Les hommes ne pouvaient pas concevoir
Que se soient les femmes qui détiennent
Comme un flambeau, un tel pouvoir

Envoutés par votre beauté
Ils se sont laissés séduire
Puis honteux d’avoir succombés, ils ont décidé
Que c’était vous qu’il fallait punir

Alors on vous a chassé
Et vous avez voyagé
De vos vertes collines d’Irlande
A la forêt de Brocéliande
Pour vous rien n’avait changé
Votre don, partout vous pouviez l’exercer

Mais personne ne vous voulez à sa table
Vous n’étiez pas des filles convenables
Et seules les plus courageuses
Faisaient appel à vos talents de guérisseuses

Et vous compreniez plus
Pourquoi personne n’avait confiance
Vous vous sentiez un peu perdues
Il n’y avait aucune raison à leur méfiance

Mais les gens écoutent les rumeurs
Qui colportent toute sortes d’horreur
On raconte, à ce qu’il parait
Que vous sortez sur des balais
Pour voler, dès la nuit venue
Dans les bois et danser nues

Magiciennes…
Les jeux étaient fais, qu’à cela ne tienne
Mais vous ne pouviez pas vous rendre
Non, pas sans vous défendre

Alors vous avez accepté
Leur parodie de procès
Pour leur prouver qu’ils avaient tord
Vous ne jetiez pas de sorts

Ces hommes de loi étaient odieux
Et les autres ne valaient guère mieux
Ils avaient commencé la Chasse aux Sorcières
Et menaient cela à leur manière
Sans raison, par jalousie
On vous accusait d’hérésie

Sous la torture de leur bourreaux
La plupart vous dénonçaient aussitôt
Ils avaient alors un témoignage pour justifier
Tout ce qu’ils avaient inventé

Il fallait donc qu’on vous condamne
A périr par les flammes
Mais vous n’aviez pas peur de la mort
Dans l’au-delà vous viviez encore

Et malgré le temps qui passe
Quelques soeurs suivent toujours vos traces
Prêtes à tout pour nous rendre la vie meilleure
Elles vantent la nature et ses valeurs
Non, votre royaume n’est pas fermé
La porte, il suffit de la pousser

Et après avoir traversé
Les Brumes de ce pays rêvé
Sur une île, vous verrez les gardiennes
Nos amies les Magiciennes


Magician women… 
You were the guardians
Of a secret realm
That makes us dreaming

You got, like Fairies
Long curly hair
Big green eyes 
And a long cape (coat) to protect yourself from the winter 

From your childhood on, to the sound of the harp 
You have been told ancestral legends 
And by knitting scarves
You learned astral themas
Plants and scents 
To know everything by heart 

A bit older
You participated to gathering in the moor
Those meetings under the moonlight 
You would have missed none of them

How many night did you spend embroidering
Sacred symbols on fabric 
Reciting litanies
Neverending melodies

Before the world became too hard
You have been lull(ed?) with the legends of Arthur
And everything seems better
With Merlin and Lancelot
And you dreamed to be the equal
Of this dear, Morgane the Fey (fairy ?)

Magician women...
Men couldn't admit
That women owned
Such a power

Under the spell of your beauty
They let themselves seduced by you
Then ashamed, they decided 
That you were the ones who had to be punished

Then you had been chased 
And you travelled
From your green irish hills
To (french) Brocéliande Forest
For you, nothing had changed 
You can use your gift everywhere

But no one wanted to share a table with you (to invit you ?)
You weren't good ladies
And only the bravest women
Called you for your healing talents

and you didn't understand 
Why nobody trusted you 
You felt a bit lost
There was no reason to be suspicious 

But people listen to rumors
That carry different kind of "hate"
I've been told, apparently
That you go out on brooms
To fly, at night 
In the woods to dance naked 

Magician women...
Everything was set, whatever 
But you couldn't surrender 
Without defend yourselves

So you accepted
Their fake trial 
To proove they were wrong 
You didn't cast spells 

But those law men were despicable 
And other weren't much better
They started the Witch Hunt
And did it their way 
With no reason, by jealousy 
They accused you of heresy

Under the torture of their executioner (torturer ?)
Most of people denounced you 
Then they got an expression to justify
Everything they invented

You had then to be sentenced 
To die by burning
But you weren't afraid about dying
In the hereafter you still live 

Eventhough time passes by
few sisters still follow your path
Always up to make our life better
They praise the nature and her values
No,your realm is not closed 
You just have to push the door

And after you crossed
The Mist of this dreamed country
On an island, you'll see the guardians
Our friends the magician women